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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:19

En 2010, sur le plan national, la hausse des surfaces d’agriculture biologique a été de 23%. Fin 2010, on dénombrait 20 600 exploitations bio. « Selon les toutes premières évaluations, on estime que la croissance du marché total des produits bio s’est élevée à +10% en France en 2010 » précise l'Agence bio qui publie ces données. Mais la superficie agricole utilisée concernée par l'agriculture biologique n'atteint toujours que de 3% du total hexagonal. L'objectif français pour 2012 est de 6%.

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Un bel article d'Émilie Petit - mercredi 09 février 2011

 

La Côte-d’Or abrite actuellement près de 260 fermes biologiques. Près de 50 conversions de terres, un total de 122 domaines et plus de 1.000 hectares en bio : la filière semble en plein essor comme le reflète le bilan chiffré 2010 du Groupement départemental d’agriculteurs biologiques de Côte d’Or (GAB21), annoncé lundi 07 février 2011 lors de son assemblée générale à Sombernon (21).

 

Mais les producteurs qui se lancent dans la culture biologique sont-ils assurés de voir leurs revenus prospérer malgré la crise économique touchant un nombre important de cultivateurs ? Selon les concernés, le marché bio reste ouvert à une condition : pour s’y plaire - et y prospérer -, il faut faire preuve d’une certaine éthique. Témoignage de Pascal Guerin, producteur bio de céréales animalières et de viande bovine pour la société GAEC, à Billy-

les-Chanceaux (21)...

 

Ma petite entreprise, connaît pas la crise...

 

Depuis 1998, Pascal Guerin, producteur bio de céréales animalières et de viande bovine pour la société GAEC à Billy-les-Chanceaux, en Côte-d’Or, bichonne son élevage à base de céréales bio. « Le marché bio est beaucoup plus stable que le marché conventionnel. Nous ne souffrons pas de hausses ou de baisses importantes ».

 

Contrairement aux agriculteurs dits conventionnels donc, les agriculteurs biologiques ne souffrent pas de la crise économique qui continue de sévir dans l’Hexagone. « Nous avons de plus en plus d’adhérents. Nous sommes passés à 150 adhérents en 2010 en Côte-d’Or, c'est-à-dire quarante de plus que l’année dernière. C’est vrai qu’il y a une véritable évolution. Au niveau du chiffre d’affaires, le revenu reste par contre le même », explique-t-il.

 

Cet ancien agriculteur conventionnel a choisi de passer du côté bio pour des raisons principalement éthiques, mais pas sans étudier le terrain au préalable. « On ne peut pas passer au bio en deux jours ! Nous avons dû faire des études avant de passer à la bio pour s’assurer que nous pouvions avoir une pérennité, ce que nous avons pu constater ces dernières années ».

 

La Bourgogne, friande de bio

 

Le rapport publié par l’Observatoire régional de l’agriculture biologique en Bourgogne confirme que la bio a le vent en poupe au pays des Ducs. Il existe actuellement 604 fermes bios dans la région, dont 122 nouveaux agriculteurs certifiés en 2010. Des chiffres qui attestent un fort engagement de la part des agriculteurs reconvertis. Ce que confirme Pascal Guerin : « Il y a eu trois ouvertures d’associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) en 2010 et il est prévu d’en ouvrir deux autres, notamment une à Sombernon et une autre à Dijon, ce qui prouve qu’il y a une forte demande de la part des consommateurs ».

 

Quant à elle, la Côte-d’Or n’est pas en reste puisque l’année 2010 a vu une cinquantaine de ces fermes se convertir au bio. Au total, il existe 260 fermes estampillées bio dans le département et les vignobles sont les plus nombreux à pratiquer cette culture écolo. Une donnée loin d’être surprenante puisque le vin reste définitivement la marque de fabrique du relief bourguignon.

 

Le Grenelle de l’environnement, qui souhaitait voir passer en agriculture biologique 6% de la surface agricole utile (SAU) en 2010, et vise les 20% en 2020, peut donc être fière du pays côte-d’orien.

( Lire ici le rapport http://www.dijonscope.com/lien?url=http://www.legrenelle-environnement.fr/IMG/pdf/Fiche_6.pdf&referer=/011072-cote-d-or-agriculture-biologique-une-filiere-qui-rapporte-nbsp  )

 

En effet, le département n’a pas attendu 2010 pour dépasser la barre des 6% et affiche d’ores et déjà un total de 14,1% d’agricultures biologiques toutes filières confondues, dont 11,4% pour le vignoble.

 

La jeunesse en ligne de mire

 

Et pour être certain que la culture bio fasse effet au plus profond des entrailles françaises, les premiers visés par le Grenelle de l’environnement sont justement cette jeune génération. Pour ce faire, les restaurants scolaires, principaux véhicules de transmissions de la culture de la table et de la "bonne bouffe", doivent s’engager à atteindre, d’ici 2012, 20% de produits biologiques dans leurs assiettes en vue d’une généralisation à toute la restauration collective. Des objectifs identiques sont fixés s’agissant de l’intégration de produits de saison et de produits locaux de proximité.

 

Ce que tente de mettre en place, avec succès au vue des derniers chiffres, la ville de Dijon : « Nous nous attachons aujourd’hui à privilégier un pain bio fait par des producteurs locaux. Notre boulanger se fournit donc en farine au moulin de Cologne entre autre. Nous avons également du lait, de la semoule et des lentilles bios. Et nous sommes actuellement en phase d’essai pour la viande », explique Agnès Legrand, responsable de la restauration municipale à la ville de Dijon.

 

La capitale des ducs de Bourgogne affiche donc une volonté de bichonner ses enfants, "mais ce n’est pas évident, au vu de notre budget, de passer au tout bio. Pour l’instant, 9% de ce budget est consacré aux produits bios. Selon nos calculs, nous devrions pouvoir atteindre les 10%. Au-delà, par contre, cela me paraît très difficile", souligne-t-elle.

 

Le bio : réservé à une élite ?

 

Le problème soulevé depuis les débuts de la commercialisation des produits bios vient du prix d’achat fortement élevé. Une donnée qu’explique aisément Pascal Guerin : « Aujourd’hui, les consommateurs voudraient avoir accès à un produit bio au même prix qu’un produit conventionnel, ce qui n’est pas possible. Nous avons une charge de main d’œuvre plus importante. Par exemple, les maraîchers font du désherbage à la main et il faut payer cette main d ‘œuvre ».

 

Selon l’étude concernant la consommation et la perception des produits biologiques en France réalisée en février 2011 par l’Agence Bio sur un échantillon de 1.028 Français, 79% des Français n’achètent pas de produits bios en raison de leurs prix d’achat trop élevés, alors que 66% d’entre eux n’ont toujours pas le réflexe d’en acheter.

( Lire ici l'étude de l'Agence Bio

http://www.dijonscope.com/lien?url=http://www.agencebio.org/upload/pagesEdito/fichiers/DPbarom%C3%A8treBIO040210def.pdf&referer=/011072-cote-d-or-agriculture-biologique-une-filiere-qui-rapporte-nbsp )

 

« Il faut qu’il y est une prise de conscience des consommateurs. Aujourd’hui, la part du pouvoir d’achat des ménages dans l’alimentation est réduite à 15% alors qu’il y a 40 ans, elle était de 30% ou 40%. C’est un choix. Mais pour que la filière bio puisse perdurer, le prix du produit ne doit pas être abaissé au prix d’un produit conventionnel, sinon il y a le risque de casser la filière ! », explique Pascal Guerin.

 

Cultiver bio et penser bio

 

Une chose est sûre : si les producteurs ne connaissent pour l’instant pas la crise, se lancer dans le bio engage des coûts supplémentaires et les agriculteurs n’ont d’autres choix que de tenter d’amortir ce coût en pratiquant des prix d’achat plus élevés. Mais cultiver des terres biologiques est avant tout un engagement moral. C’est en tout cas le point de vue de Pascal Guerin : « Si tout le monde produisait bio, nous n’aurions plus toutes les taxes de dépollution que nous avons, par exemple, sur l’eau. Nous serions sans doute moins malades si nous avions une alimentation plus seine. Donc nous récupérerions en quelque sorte notre investissement. Mais pour l’instant la prise de conscience a du mal à se faire ».

 

Pascal Guerin souhaite pourtant suivre son éthique de cultivateur amoureux de la terre et de la planète jusque dans la commercialisation de ses propres produits qu’il transforme lui-même dans sa ferme grâce à un investissement dans des machines performantes d’ores et déjà amorties : « Pour éviter de payer le prix fort, nous conseillons aux consommateurs de venir directement chez le producteur ».

 

Mais il s’agit là d’une véritable démarche de la part des consommateurs, ce que cet agriculteur passionné a bien compris : « Pour éviter les déplacements en voiture inutiles, nous essayons d’avoir d’autres produits à disposition : un peu d’épicerie, de la farine ou des lentilles pour que le client ne reparte pas qu’avec une caissette de viande. Nous essayons aussi de sensibiliser les gens qui viennent de loin à faire du covoiturage. Nous récompensons le consommateur avec un morceau de viande par exemple. Parce que bien sûr dans notre démarche éthique, si un consommateur fait 45km pour cinq kilos de viande, quelque part, ce n’est pas logique ». A bon entendeur...

 

Document :

Rapport de l'Observatoire régional de l'agriculture biologique -

L’Agriculture biologique en Bourgogne - Données 2009

 

Source :

http://www.dijonscope.com/011072-cote-d-or-agriculture-biologique-une-filiere-qui-rapporte-nbsp

 

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Agriculture biologique, c’est aussi la seule filière efficace pour résoudre le déficit de la Sécurité Sociale.

 

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Dijonscope, une autre information.

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Published by Jean Dossoy - dans Vivre autrement
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