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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 14:29

Que reste-t-il de Marianne ?

 Sur les traces de Sophie Le Gall, en 45 minutes, Inès Léraud nous fait voyager dans l’enfer glacial des catacombes de la République.

Si la descente commence en Bretagne, ce train fantôme vous ramène rapidement à une réalité nationale.

Accrocher les ceintures, la descente est vertigineuse … sauf pour les malentendants.

France-Inter-22-02-2015.jpg

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 00:55

 

 

L’Europe valide les ambitions de la France à Fric

  

dyno-veolia-2.PNG

 

  

 

Les Veolia & Co ont une totale liberté financière en France avec la bénédiction de nos élus locaux. Le terrain d’un tel jeux financier est trop étroit, il faut donc des autorisations pour changer les règles de la distribution au niveau de l’Europe. Nos élus européens se sont appliqués pour accorder ce privilège en préparant une loi au nom de la fameuse « liberté » d’entreprendre.

 

Mais les citoyens des autres pays Européens ne sont pas habitués à nos Dinoz-Or. Ils nous invitent donc à signer une pétition citoyenne.

 

La libéralisation, c’est-à-dire le droit reconnu de l’anarchie d’entreprendre par la loi du profit financier, est en France un fait acquis ; les distributeurs privés gèrent entièrement notre eau sans contrôle financier public avec la bénédiction de tous nos élus.

 

Depuis plus d'un siècle et demi, dès 1853, l'eau est une réelle marchandise. Créée par le privé pour les grosses agglomérations, la distribution privée atteindra ensuite nos villages. ( voir ci-dessous les débuts de la Générale des Eaux ).

 

Plus de précisions et votre signature sur ce site ( 700 000 signatures ont été déjà reçues ) :

http://www.right2water.eu/fr/node/37/view

 

 

 

________

 

 

En 1853, la Générale des Eaux ( Compagnie générale des eaux ou CGE ) fut la première société spécialisée dans la distribution d'eau potable. Elle a pris le nom de Vivendi en 1998, puis Veolia.

 

À sa création, en 1853, la Compagnie générale des eaux s'engageait à « pourvoir largement à la distribution d'eau dans les villes et à l'irrigation des campagnes ». C'est par décret impérial, le 14 décembre 1853, que la ville de Lyon s'engage à acheter de l'eau (10 000 m³) à des conditions fixées par avance (17 francs le mètre cube), non révisables sur 20 ans. C'est la première fois au monde qu'une concession d'eau était faite. Ce genre de contrats à long terme permit à l'entreprise de dégager des bénéfices énormes, jusqu'à pouvoir racheter des entreprises comme les studios hollywoodiens Universal à la fin du XXe siècle.

 

En 1854, la ville de Nantes concède pour 60 ans sa distribution de l'eau à la CGE. Elle a de très grands travaux en vue, et abandonne son premier projet de réaliser elle-même son service d'eau. En 1894, la ville dénonce ce contrat et crée son propre service des eaux, qui existe toujours.

 

L’eau de Paris sera privatisée de 1860 à 2010

 

Source : wikipedia

______________

 

Un article d'igepac.com

 

 

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 07:38

Reflets de société

 

 Ces papis que l'on nomme Sénateurs 

 

 

 

 ( Vous avez dit : République ? ) 

 

 

 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 00:48

 

Un étrange silence cette année 2012 concernant le tricentenaire de la naissance de Rousseau, qui fut la plus brillante des Lumières du XVIII ième siècle.

 

Extraits de la seconde lettre de Jean-Jacques ROUSSEAU ( 28 juin 1712 - 2 juillet 1778 ) à Monsieur le Président De MALESHERBES(1),

« Contenant le vrai tableau de mon caractère et les vrais motifs de toute ma conduite. »

 

Montmorency le 12 Janvier 1762 ( en 1765, il écrira ses Confessions )

 

Une âme paresseuse qui s’effraye de tout soin, un tempérament ardent, bilieux, facile à s’affecter, et sensible à l’excès à tout ce qui l’affecte, semblent ne pouvoir s’allier dans le même caractère ; et ces deux contraires composent pourtant le fond du mien. Quoique je ne puisse résoudre cette opposition par des principes, elle existe pourtant ; je la sens, rien n’est plus certain, et j’en puis du moins donner par les faits, une espèce d’historique qui peut servir à la concevoir.

 

J’ai eu plus d’activité dans l’enfance, mais jamais comme un autre enfant. Cet ennui de tout m’a de bonne heure jeté dans la lecture. À six ans, Plutarque me tomba sous la main ; à huit, je le savais par cœur ; j’avais lu tous les romans ; ils m’avoient fait verser des seaux de larmes, avant l’âge où le cœur prend intérêt aux romans. De-là se forma dans le mien ce goût héroïque et romanesque qui n’a fait qu’augmenter jusqu’à présent, et qui acheva de me dégoûter de tout, hors de ce qui ressemblait à mes folies.

 

Dans ma jeunesse, que je croyais trouver dans le monde les mêmes gens que j’avais connus dans mes livres, je me livrais sans réserve à quiconque savait m’en imposer par un certain jargon dont j’ai toujours été la dupe. J’étais actif parce que j’étais fou ; à mesure que j’étais détrompé, je changeais de goûts, d’attachements, de projets ; et dans tous ces changements je perdais toujours ma peine et mon temps, parce que je cherchais toujours ce qui n’était point.

 

En devenant plus expérimenté, j’ai perdu peu à peu l’espoir de le trouver, et par conséquent le zèle de le chercher. Aigri par les injustices que j’avais éprouvées, par celles dont j’avais été le témoin, souvent affligé du désordre où l’exemple et la force des choses m’avoient entraîné moi-même, j’ai pris en mépris mon siècle et mes contemporains, et sentant que je ne trouverais point au milieu d’eux une situation qui pût contenter mon cœur, je l’ai peu à peu détaché de la société des hommes, et je m’en suis fait une autre dans mon imagination, laquelle m’a d’autant plus charmé que je la pouvais cultiver sans peine, sans risque, et la trouver toujours sûre, et telle qu’il me la fallait.

 

Après avoir passé quarante ans de ma vie ainsi mécontent de moi-même et des autres, je cherchais inutilement à rompre les liens qui me tenaient attaché à cette société que j’estimais si peu, et qui m’enchaînaient aux occupations le moins de mon goût, par des besoins que j’estimais ceux de la nature, et qui n’étaient que ceux de l’opinion : tout-à-coup un heureux hasard vint m’éclairer sur ce que j’avais à faire pour moi-même, et à penser de mes semblables, sur lesquels mon cœur était sans cesse en contradiction avec mon esprit, et que je me sentais encore porté à aimer avec tant de raisons de les haïr. Je voudrais, Monsieur, vous pouvoir peindre ce moment qui a fait dans ma vie une si singulière époque, et qui me sera toujours présent quand je vivrais éternellement.

 

J’allais voir Diderot alors prisonnier à Vincennes ; j’avais dans ma poche un Mercure de France ( revue française, fondée en 1672 ) que je me mis à feuilleter le long du chemin. Je tombe sur la question de l’Académie de Dijon qui a donné lieu à mon premier écrit. Si jamais quelque chose a ressemblé à une inspiration subite, c’est le mouvement qui se fit en moi à cette lecture ; tout-à-coup je me sens l’esprit ébloui de mille lumières ; des foules d’idées vives s’y présentent à la fois avec une force, et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable ; je sens ma tête prise par un étourdissement semblable à l’ivresse. Une violente palpitation m’oppresse, soulève ma poitrine ; ne pouvant plus respirer en marchant, je me laisse tomber sous un des arbres de l’avenue, et j’y passe une demi-heure dans une telle agitation, qu’en me relevant j’aperçus tout le devant de ma veste mouillé de mes larmes, sans avoir senti que j’en répandais.

 

Oh, Monsieur, si j’avais jamais pu écrire le quart de ce que j’ai vu et senti sous cet arbre, avec quelle clarté j’aurais fait voir toutes les contradictions du système social ; avec quelle force j’aurais exposé tous les abus de nos institutions ; avec quelle simplicité j’aurais démontré que l’homme est bon naturellement, et que c’est par ces institutions seules, que les hommes deviennent méchants. Tout ce que j’ai pu retenir de ces foules de grandes vérités, qui dans un quart d’heure m’illuminèrent sous cet arbre, a été bien faiblement épars dans les trois principaux de mes écrits, savoir ce premier discours, celui sur l’inégalité, et le traité de l’éducation, lesquels trois ouvrages sont inséparables, et forment ensemble un même tout. Tout le reste a été perdu, et il n’y eut d’écrit sur le lieu même, que la Prosopopée de Fabricius. Voilà comment lorsque j’y pensais le moins, je devins auteur presque malgré moi. Il est aisé de concevoir comment l’attrait d’un premier succès, et les critiques des barbouilleurs, me jetèrent tout de bon dans la carrière. Avais-je quelque vrai talent pour écrire ? je ne sais. Une vive persuasion m’a toujours tenu lieu d’éloquence, et j’ai toujours écrit lâchement et mal quand je n’ai pas été fortement persuadé. Ainsi c’est peut-être un retour caché d’amour-propre, qui m’a fait choisir et mériter ma devise, et m’a si passionnément attaché à la vérité, ou à tout ce que j’ai pris pour elle. Si je n’avais écrit que pour écrire, je suis convaincu qu’on ne m’aurait jamais lu.

 

Après avoir découvert, ou cru découvrir dans les fausses opinions des hommes, la source de leurs misères et de leur méchanceté, je sentis qu’il n’y avait que ces mêmes opinions qui m’eussent rendu malheureux moi-même, et que mes maux et mes vices me venaient bien plus de ma situation que de moi-même. Dans le même temps, une maladie dont j’avais dès l’enfance senti les premières atteintes, s’étant déclarée absolument incurable, malgré toutes les promesses des faux guérisseurs dont je n’ai pas été longtemps la dupe, je jugeai que si je voulais être conséquent, et secouer une fois de dessus mes épaules le pesant joug de l’opinion, je n’avis pas un moment à perdre.

 

Je pris brusquement mon parti avec assez de courage, et je l’ai assez bien soutenu jusqu’ici avec une fermeté dont moi seul peux sentir le prix, parce qu’il n’y a que moi seul qui sache quels obstacles j’ai eus, et j’ai encore tous les jours à combattre pour me maintenir sans cesse contre le courant. Je sens pourtant bien que depuis dix ans j’ai un peu dérivé, mais si j’estimais seulement en avoir encore quatre à vivre, on me verrait donner une deuxième secousse, et remonter tout au moins à mon premier niveau, pour n’en plus guère redescendre ; car toutes les grandes épreuves sont faites, et il est désormais démontré pour moi, par l’expérience, que l’état où je me suis mis est le seul où l’homme puisse vivre bon et heureux, puisqu’il est le plus indépendant de tous, et le seul où on ne se trouve jamais pour son propre avantage, dans la nécessité de nuire à autrui.

 

J’avoue que le nom que m’ont fait mes écrits, a beaucoup facilité l’exécution du parti que j’ai pris. Il faut être cru bon Auteur, pour se faire impunément mauvais copiste, et ne pas manquer de travail pour cela. Sans ce premier titre, on m’eût pu trop prendre au mot sur l’autre, et peut-être cela m’auraient mortifié ; car je brave aisément le ridicule, mais je ne supporterais pas si bien le mépris. Mais si quelque réputation me donne à cet égard un peu d’avantage, il est bien compensé par tous les inconvénients attachés à cette même réputation, quand on n’en veut point être esclave, et qu’on veut vivre isolé et indépendant. Ce sont ces inconvénients en partie qui m’ont chassé de Paris, et qui me poursuivant encore dans mon asile, me chasseraient très-certainement plus loin, pour peu que ma santé vînt à se raffermir. Un autre de mes fléaux dans cette grande ville, était ces foules de prétendus amis qui s’étaient emparés de moi, et qui jugeant de mon cœur par les leurs, voulaient absolument me rendre heureux à leur mode, et non pas à la mienne. Au désespoir de ma retraite, ils m’y ont poursuivi pour m’en tirer. Je n’ai pu m’y maintenir sans tout rompre. Je ne suis vraiment libre que depuis ce temps-là.

 

Libre ! non, je ne le suis point encore ; mes derniers écrits ne sont point encore imprimés ; et vu le déplorable état de ma pauvre machine, je n’espère plus survivre à l’impression du recueil de tous : mais si contre mon attente, je puis aller jusque-là et prendre une fois congé du public, croyez, Monsieur, qu’alors je serai libre, ou que jamais homme ne l’aura été. O utinam* ! Ô jour trois fois heureux ! Non, il ne me sera pas donné de le voir.

 

* Exclamation latine qui exprimait un désir ou un regret.

 

_______________________________

 

 

(1) Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes ( 6 décembre 1721, Paris - 22 avril 1794, Paris) est un juriste, botaniste et homme d’État français. ( Il fut un des défenseurs de Louis XVI à son procès. )

 

Issu d’une importante famille de la noblesse de robe parisienne, apparentée à la Maison de Nicolaï par sa tante paternelle, fils de Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil, il est nommé substitut du procureur général du parlement de Paris en 1741. Il est successivement conseiller en 1744, premier président de la cour des aides de Paris et directeur de la Librairie en 1750, c’est-à-dire responsable de la censure royale sur les imprimés, poste dont il se sert pour soutenir l'Encyclopédie. Lorsque le privilège des éditeurs est révoqué et que le parlement ordonne la saisie des papiers de Diderot, Lamoignon de Malesherbes le fait avertir secrètement. « Diderot, consterné, courut chez lui. « Que devenir ? s’écriait-il ; comment, en vingt-quatre heures, déménager tous mes manuscrits ? Je n’ai pas le temps d’en faire le triage. Et surtout où trouver des gens qui veuillent s’en charger et qui le puissent avec sûreté ? — Envoyez-les tous chez moi, répondit M. de Malesherbes, on ne viendra pas les y chercher. »

 

http://fr.wikipedia.org/

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 00:06
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 12:53

 

On peut en penser ce que l'on veut ,

mais au moins, cet expatrié a le mérite d'en avoir

....

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 16:46

Pierre Rabhi juin 2011

 

 

Propos recueillis par Jacques Durand

 

  

Pierre Rabhi, si l’on regarde autour de nous, le « bio » semble devenir aujourd’hui une mode, une marchandise comme une autre… Quelle est ta vision des choses qui met l’être humain et la nature au cœur de la bio ?

 

Disons qu’il y a une ambiguïté dans toutes ces initiatives qui, en se multipliant, ne donnent pas une orientation précise. Je dis souvent que l’on peut manger bio et exploiter son prochain…

 

La solution ne réside pas dans le seul fait de manger bio ou pas. Si l’être humain ne change pas, je ne vois pas comment le monde peut changer.

 

Le problème aujourd’hui de changement de société, n’est pas dans les structures, mais dans la vision elle-même : comment mettre la vie et l’histoire dans une perspective qui va nous permettre, nous, l’Humanité de nous élever ?

 

Changer de société, c’est changer tel que l’être humain peut changer. Si moi je ne change pas je ne vois pas comment l’humanité le peut.

 

Je suis le premier chantier et le premier maillon à partir duquel je peux participer au changement.

 

Quand j’aurai compris que je suis moi-même la société, la nature, l’être qui doit avoir une perception et une mission ici-bas alors, le changement s’amorcera.

 

 

Pourtant, tu dis souvent que l’être humain est son « propre obstacle »…

 

Oui, on peut le constater tous les jours en nous-mêmes : nous avons une aspiration à une forme d’élévation.

Nous sommes des humains avec tout ce qui nous handicape pour amorcer ce changement, nous avons en nous des éléments archaïques qui nous freinent dans notre évolution…

 

L’obstacle le plus important est notre vision fragmentée. Quand je vois notre planète photographiée depuis l’espace, je ne vois rien qui soit opposé : le pôle nord n’est pas

contre le pôle sud, aucun continent n’est opposé à un autre. La terre est une globalité indivisible. Les éléments ont interdépendants et indissociables, les fragmenter est préjudiciable à l’ordre global et par voie de conséquence à la dynamique de la vie.

 

Quand j’examine une mappemonde et que je regarde comment les hommes ont transposé cette unité, je vois un puzzle, avec des « nations », des « états », des « pays » et chaque être humain se planque derrière ces frontières avec la peur de perdre cette « sécurité ».

 

C’est en quelque sorte l’aspect le plus négatif du tribalisme mis à jour du monde actuel. Cette peur donne un alibi à beaucoup de choses moralement répréhensibles. Pourquoi fabrique-t-on des armes ? C’est pour se sentir en sécurité avec la fameuse Défense Nationale comme alibi rendu légitime !

Alors que si on avait travaillé à l’unité, on n’aurait pas besoin de ce type de sécurité et de cette dévotion tragique au meurtre et à la destruction.

Si on éduquait les enfants, non pas à la compétition mais à la puissance de la complémentarité, le monde serait apaisé et les sommes colossales dédiées au crime et à la destruction serviraient à honorer la vie. Car toutes ces choses entretiennent ce système dualiste, générateur de toutes les horreurs possibles et de toutes celles que l’espèce humaine est capable d’imaginer encore. Par ailleurs, on peut marier une petite pygmée avec un grand nordique : ils feront des enfants !

C’est dire l’unité absolue du genre humain ! Alors pourquoi cette aberration de l’homme contre l’humain ?

 

Il me semble que pour un véritable changement de paradigme, une vision plus réaliste et claire est absolument prioritaire. Sans cela, nous sommes condamnés à justifier indéfiniment l’injustifiable.

 

Sans jugement des personnes, il y a des gens qui sont sur le front de la générosité, de la fameuse indignation qui retentit de plus en plus, au risque de nouvelles violences et qui « pourrissent » la vie de ceux qui vivent à leurs côtés. Il faut être clair. A quoi sert-il d’aller lutter contre l’injustice dans le monde si je ne suis pas conscient que je l’inflige à ma compagne, à mon compagnon, à ma belle-mère etc..?

 

On parle souvent de prise de conscience : cela me rappelle l’électricité, comme s ‘il y avait un flux de conscience auquel il suffirait de se brancher ! Il s’agit en réalité d’élévation de conscience. Cela nécessite un effort, comme pour gravir une montagne, le paysage s’agrandit et augmente l’intelligibilité du réel. En tout cela, il ne faut évidemment pas perdre

courage.

 

 

Avec l’appauvrissement de la biodiversité, il y a cette phrase que tu dis :

« changer ou disparaître » ?

 

En dehors du changement de soi, il y a aussi un fait objectif : c’est que nous pourrions mesurer tous les jours les dégâts que notre espèce inflige à la planète : pollution, dissipation des richesses et de la biodiversité.

 

Nous sommes graduellement en train de nous rendre la vie, et surtout à ceux qui vont nous succéder, impossible.

Quand on détériore des sols, qu’on les rend stériles, que l’on pollue l’eau qui est une richesse vitale dont nous sommes composés, nous sommes à l’évidence dans un processus imputable à notre seule ignorance. Du même coup, nous suicidons les générations futures auxquelles le désastre ne peut être imputé.

 

C’est une évidence pondérable : au lieu de voir notre planète comme une magnifique unité, un don extraordinaire, nous la voyons comme un gisement de ressources qu’il faut épuiser jusqu’au dernier arbre ou poisson.

 

Un jour, j’étais allé couper du bois avec un ami. Je me suis extasié devant un coucher de soleil auquel la silhouette d’un arbre ajoutait de la splendeur. Un quiproquo a fait que là où je voyais de la beauté mon ami voyait des stères de bois !

 

Ce que je reproche à l’écologie politique, c’est qu’elle ne parle pas assez de la beauté et du caractère sacré de la vie. Je ne me bats pas seulement pour qu’un arbre reste vivant.

 

Je me bats aussi pour la beauté qu’il exalte et qui nourrit l’âme et le cœur.

 

 

C’est une des raisons pour lesquelles vous avez choisi l’Ardèche pour vous installer ?

 

Oui, en 1961, Michèle et moi avons quitté Paris, pour rejoindre la nature y vivre et y fonder une famille. Nous ne nous sentions pas nés pour être dans ce hors sol que représente la cité urbaine.

 

Avec tout le respect dû à tous ceux qui sont contraints ou qui aiment vivre dans les agglomérations de plus en plus monstrueuses, celles-ci sont non seulement incompatibles avec la nature profonde de l’être humain mais l’anonymat et la solitude y sévissent  comme en une jungle pétrifiée.

 

Quelques glissades sur la neige l’hiver et l’exposition sur le sable chaud de l’été suffiront-ils à compenser l’absence de la réalité vivante ? C’est encore une fois une question dénuée de tout sarcasme envers les individus mais plutôt une remise en cause de notre modèle de société.

C’est pour toutes ces raisons que Michèle et moi sommes retournés à la terre. J’ai du apprendre l’agriculture pour être dans la nature ; c’est un épisode éprouvant que d’être ouvrier agricole dans les fermes.

 

Quand nous avons emprunté au Crédit Agricole pour acheter notre ferme, les gens étaient interloqués terre rocailleuse, pas d’électricité, peu d’eau etc..). Comment faire comprendre que la beauté du lieu, le silence qui y règne et la pureté de l’air ont pesé lourd dans notre choix.

 

Bien sûr tout n’a pas été facile puisque tout était à faire et refaire mais nous savions que la beauté allait nous nourrir et nous donner de l’énergie. C’est ce qui s’est réellement produit.

 

Nous en avons « bavé » mais cette aventure est devenue une sorte de voyage initiatique élargissant notre perception de la vie. Nous avons donné à notre engagement en faveur de l’écologie une assisse radicale et indestructible.

 

 

Comment favoriser une transformation de notre société à sa base ?

 

Cette nécessité, à mon avis urgente, est subordonnée à une vision claire que nous n’avons peut-être pas. Que voulons nous faire de ce don prodigieux que nous appelons la vie auquel chacun et chacune de nous doit la vie ?

 

Ma pré-candidature aux élections présidentielles de 2002 a été un véritable test. Nous sommes plus nombreux qu’il n’y paraît à aspirer au changement. Notre manifeste a rassemblé les critères basés sur la nécessité absolue de placer l’humain

et la nature au cœur de nos préoccupations et tous nos moyens à leur service. Nous pensons que la politique telle qu’elle est appliquée n’est absolument pas en phase avec la réalité du monde.

 

Nous traversons un séisme planétaire où les pays émergents sont en train de monter.

 

Les configurations planétaires vont être terrifiantes et pas du tout contrôlables parce que le mythe de la croissance continue n’est pas remis en cause alors que trois milliards d’êtres humains vont adopter le modèle du « toujours plus ». Cela veut dire qu’il y aura une accélération extrêmement rapide de l’épuisement des ressources !

 

Nous pensons que, d’un côté la politique fait de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond et que, de l’autre coté, la société civile invente et pose les bases du futur.

Nous sommes nous-mêmes réalisateurs de diverses structures allant dans ce sens et notre propre fille Sophie a fait un prodige en créant la Ferme des enfants avec une école Montessori et le hameau des Buis.

Une vingtaine d’habitations écologiques regroupe des gens, c’est formidable.

L’avenir ce n’est pas chacun pour soi.

Aujourd’hui, même dans les pays les plus riches, il y a une misère atroce qui s’installe, occultée par les dispositifs de l’Etat, et aussi les organisations caritatives telles qu’Emmaüs, les Restos du cœur, ATD Quart Monde, etc…

 

Si on ne change pas de paradigme, en mettant l’humain et la nature en urgence et en priorité, on va vers une misérabilisation généralisée de l’humanité.

 

Le système a pour option l’argent comme finalité et les outils pour manipuler les foules. Comme les gens n’ont pas été éduqués à voir où se trouve véritablement la profondeur des choses, ils se laissent manipuler.

Un évènement comme Fukushima pourrait être une leçon pour savoir comment par exemple, poser la problématique du nucléaire à l’échelle mondiale, puisque ça peut se produire sur toute la planète, avec des effets à très long terme.

 

Pourtant, on survole l’évènement, on fait la politique de l’autruche et les choses continuent à tourner comme si tout allait bien !

 

Ces manipulations sont terrifiantes car l’être humain est comme préparé pour être dans le consentement. A partir de ce moment-là, le système fait ce qu’il veut. Prenez le football, comme jeu et divertissement, mais auquel l’on donne une importance démesurée. Cet engouement est une diversion qui empêche en partie de donner la réelle importance aux évènements les plus cruciaux.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 07:30

OGM.PNG 

L'association Greenpeace s'est intéressée aux documents diplomatiques révélés par WikiLeaks en novembre 2010, et dont la publication par de grands quotidiens se poursuit lentement. Les OGM étaient au nombre des sujets intéressants, et l'association de défense de l'environnement dévoile les manoeuvres diplomatiques sur ce sujet en France, mais aussi en Europe.

 

Ainsi dans un télégramme de décembre 2007, l'ambassadeur américain à Paris Craig Stapleton explique qu'un syndicat agricole français conseille aux Etats-Unis de prendre des mesures de rétorsion envers la France pour pousser le pays à accepter les OGM. "En effet, les partisans des OGM en France – y compris au sein du syndicat agricole (sic) – nous ont dit que les représailles sont la seule façon" d'envisager un retournement de la position française, écrit l'ambassadeur. D'après lui, cette liste de représailles devrait être suffisamment "douloureuse" pour toute l'Europe, en termes de "responsabilité collective", avec une attention particulière pour les Etats membres les plus récalcitrants, comme la France.

Ça laisse sans voix. Puis on s'indigne (tiens, encore ?). Comme Bernard Lannes, Président de la Coordination Rurale, qui adresse une lettre ouverte à Xavier Beulin, Président de la FNSEA. En voici le texte ici :

 http://www.gilblog.fr/vu_sur_le_web/ogm-le-syndicat-agricole-contre-les-francais.html

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 10:27

OGM.PNG Le 21 janvier 2010, Gilles-Eric Séralini était invité à l’émission de France 5, Le magazine de la santé. Le sujet était "Les OGM sont-ils une menace pour la santé ? ".

 

En réponse à cette émission, Marc Fellous a adressé un courrier à France 5 dans lequel il employait le mot de "marchand de peur", ajoutant que le chercheur était un "activiste" qui avait un "parti-pris" anti-OGM, et surtout "qu’il se prétendait indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace". S'estimant diffamé, le professeur Séralini a intenté un procès à l’encontre de l’Association Française des Biotechnologies Végétales et de son président, Marc Fellous.

 

Le 18 janvier 2011, le tribunal de grande instance de Paris a confirmé le caractère diffamatoire de ces propos et a condamné Marc Fellous à 1 000 euros d’amende avec sursis, un euro de dommages et intérêts et 4000 euros de remboursement de frais de justice, ce que demandait l’avocat de Séralini.

 

La suite ici

http://www.gilblog.fr/vu_sur_le_web/le-lobby-pro-ogm-condamne.html

 

A voir également : M. Séralini accuse Monsanto

http://www.wat.tv/video/roundup-est-denonce-toxique-1wnwk_2ilp3_.html

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:39

 

Propos recueillis par Albane Wurtz le 13 janvier 2011

 

Agriculteur, écrivain et philosophe, Pierre Rabhi est aussi le pionnier de l’agriculture biologique et l’ardent défenseur de la sécurité alimentaire des populations. S’il a voué sa vie à enseigner aux plus démunis le moyen de parvenir à l’autonomie alimentaire en préservant le patrimoine naturel inaliénable, c’est par le biais d’une Fondation qu’il entend désormais mener son action. Pour parvenir à la « sobriété heureuse » dont il rêve pour notre société, Pierre Rabhi défend un changement radical de paradigme. Il nous dessine les contours de ses oasis en tous lieux et nous emmène à la conquête d’un rêve, à portée de main…

 

DeveloppementDurable.com : En quelques mots, pouvez-vous définir le terme agroécologie ?

 

Pierre Rabhi : C’est l’agriculture adaptée aux lois et aux impératifs écologiques. Il s’agit d’inclure aux activités strictement biologiques destinées à la production d’alimentation, des séquences de lutte contre la désertification. Notamment par du reboisement, des grands barrages… En bref, tout ce qui aide à régénérer le milieu naturel dégradé.

 

Dès que ma femme et moi avons eu notre ferme en Ardèche, en 1963, j’ai commencé à pratiquer l’agriculture biologique. J’ai, depuis, milité, enseigné, formé, crée des structures… Je me suis rendu ensuite au Sahel, au Burkina Faso, et c’est là-bas que j’ai pris conscience de l’impossibilité de cultiver de manière biologique dans un milieu désertifié ou en voie de désertification.

 

dd.com : Vous dites que l’agroécologie est un acte de liberté. Liberté de choisir une alimentation saine et respectueuse de la Terre ?

 

P. R. : Pas seulement. Bien sûr, cette liberté passe par l’autonomie. A partir du moment où je peux produire ma propre nourriture je rentre dans une forme d’autonomie. Je suffis à mes propres besoins tout en restant relié aux autres, il ne s’agit pas d’autarcie, les échanges sont maintenus. Une grande quantité de gens vit maintenant dans les villes et a perdu toute capacité à produire et à accéder par elle-même à ce qui la maintient en vie. Compte tenu de la confiscation qui est faite à l’humanité de se nourrir par elle-même, cultiver son jardin, quand on a la possibilité de le faire, c’est un acte politique, un acte de résistance.

 

Soit on laisse l’histoire se poursuivre comme elle a commencé et dans ce cas, l’humanité sera complètement dépendante de trusts internationaux, de systèmes qui les nourrissent, soit nous prenons en charge, quand nous le pouvons, notre survie alimentaire. Absolument indispensable à tout être vivant, cette survie alimentaire n’est pas négociable. Le secteur vital, lié à l’alimentation, doit être maîtrisé par la population elle-même et non pas devenir l’objet de mécanismes commerciaux internationaux.

 

dd.com : Quelles sont les missions de la Fondation Pierre Rabhi ?

 

P.R. : La Fondation Pierre Rabhi œuvre pour la sécurité, la salubrité et l’autonomie alimentaire des populations. Nous avons mis à l’épreuve l’alternative agroécologique au Nord comme au Sud. Nous recevons des demandes considérables de la part des populations parce que l’agroécologie les délivre de l’engrais chimique, indexé sur le dollar, dont elles sont dépendantes et qui a contribué à polluer les sols et les nappes phréatiques. Pour répondre à toutes ces demandes, nous avons fait preuve de dévouement, avec le peu de moyens que nous avions. Or, si nous voulons être à la hauteur de l’enjeu, nous devons collecter beaucoup plus de moyens. Et la Fondation doit nous y aider. Concrètement, nous allons renforcer ce qui a déjà été engagé. Nous ne commençons rien, nous amplifions l’existant.

 

Nous bénéficions de structures, au Nord et au Sud, qui expérimentent et enseignent l’agroécologie. Pour vous donner un exemple, j’ai accompagné le monastère orthodoxe de Solan, site de 65 hectares dans le Gard, pendant une dizaine d’années. L’expérience a été tellement concluante que j’ai été invité par le pape de Roumanie qui m’a fait part de son souhait de l’étendre aux 500 monastères de Roumanie. Nous avons donc du pain sur la planche ! Bien sûr nous n’allons pas nous rendre dans chaque monastère mais nous allons créer des lieux d’enseignement et de transmission de l’agroécologie. Les monastères étant ouverts aux paysans environnants, c’est toute la population qui bénéficiera de l’alternative agroécologique.

 

dd.com : N’est-ce pas un formidable moteur pour vous de constater qu’il y a tant de volontés de par le monde de changer les choses ?

 

P. R. : La grande difficulté, c’est maintenant de respecter ma propre santé. Mais c’est effectivement intéressant étant donné qu’il y a encore quelques temps, notre discours et notre message étaient considérés comme irréalistes et marginaux. La crise aidant, la société se retrouvant sans perspectives d’avenir, les Etats déposant le bilan, la contamination risque de se propager rapidement. Surtout quand on constate l’acharnement des pouvoirs publics à maintenir un système déjà mort. C’est la raison pour laquelle nous plaidons pour un changement radical de paradigme. Nous voulons repenser le monde sur d’autres critères que celui du « toujours plus » d’une minorité humaine au détriment de la grande masse de nos semblables. C’est une option absurde à laquelle nous ne voulons pas souscrire. J’ai toujours dit, et notamment en 2002 lorsque je me suis présenté aux élections, que le modèle actuel n’était pas réformable et que nous ne devrions pas rafistoler un modèle dont les fondements sont erronés. Il est vital de remettre l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations mais d’y ajouter aussi une certaine modération. Si nous ne rentrons pas dans la civilisation de la modération (voir livre Vers la sobriété heureuse), je pense que nous ne trouverons aucune solution. Nous ne pouvons pas demander à la planète, au fur et à mesure qu’on en épuise les ressources, de maintenir un modèle basé sur l’insatiabilité permanente.

 

dd.com : Dans ces conditions, comment agir ? Quelle serait la recette idéale ?

 

P. R. : Si vous possédez un petit lopin de terre, vous pouvez déjà cultiver votre propre jardin. Comme je l’ai dit, c’est un véritable acte politique. J’avais proposé, il y a quelques années, la création d’oasis en tous lieux : il s’agissait de regrouper les gens pour recréer du lien social et de la solidarité.

 

Je suis catégorique, il faudrait aussi relocaliser l’économie : que les communautés humaines répondent par elles-mêmes à leurs besoins et qu’elles arrêtent de fréquenter les supermarchés. La grande distribution est une horreur, c’est la destruction même de la liberté. En créant des lieux dans lesquels la solidarité peut s’exercer, nous pourrions proposer des éléments hors marché. Aujourd’hui ce qui n’a pas un prix n’a pas de valeur. C’est totalement incohérent vu que certaines choses ont une immense valeur mais pas de prix, comme la vie. Les ressources vitales ne devraient pas avoir de prix non plus, on ne devrait pas pouvoir vendre la terre, l’eau, tous les biens communs indispensables à la vie et qui devraient être considérés comme le patrimoine collectif inaliénable et indétournable. Aujourd’hui nous assistons à une spoliation permanente du bien commun de la part des personnes qui ont de l’argent.

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Published by Jean Dossoy - dans Notre société
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