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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 18:47

article de Marc Laimé, publié sur son blog le 16 septembre 2009
 

Le président d’une société de pêche créée en avril 2009 pour protéger une petite rivière à truites qui traverse le célèbre village de Pommard en Côte d’Or lance un appel au secours. La région a longtemps subi de très graves pollutions d’origine viticole. L’intervention d’agents de l’ex-Conseil supérieur de la Pêche avait permis d’engager à partir de 2002 une restauration de la rivière gravement polluée, et d’y voir réapparaître des poissons. Mais le retard catastrophique enregistré pour raccorder un réseau d’assainissement à une STEP vient de mettre à bas des années d’effort, et de massacrer le dimanche 13 septembre plusieurs milliers de poissons qui avaient fait leur réapparition dans la rivière…

« Nous avons fondé en avril 2009 une société de pêche dans le but de protéger les espèces peuplant l’Avant-Dheume, une petite rivière à truites qui traverse notamment Pommard, célèbre village de Côte d’Or près de Beaune.

Des années 60 aux années 80 la région a connu une rapide industrialisation des pratiques agricoles et viticoles, avec une forte augmentation des consommations d’eau potable, et donc des captages de sources de plus en plus importants, avec des conséquences souvent graves.

Au début des années 90 les pollutions viticoles sont de plus en plus fortes : les bourbes, les lies et les eaux de rinçage sont rejetées directement dans le milieu aquatique, asphyxiant toute vie aquatique possible. C’est aussi la période où Pommard, qui n’avait pas de réseau d’assainissement, parle de construire une station d’épuration qui ne sera jamais faite. Et évidemment, les traitements phytosanitaires étaient couramment évacués vers la rivière.

Au début des années 2000 le projet d’assainissement n’arrive toujours pas à voir le jour, au motif que la commune de Pommard n’a pas d’argent.

Les quantités phénoménales de bourbes et de lies évacuées dans la rivière en période de vendanges, et qui recouvrent le lit de graviers de la rivière, provoquent des nuisances olfactives si intenses que des riverains exaspérés d’une commune en aval signent une pétition contre cette pollution.

En 2002 un garde assermenté du Conseil supérieur de la pêche (CSP) dresse des procès- verbaux aux viticulteurs (un nombre élevé) pour pollution.

Les années qui suivirent furent spectaculaires, tant le changement de pratiques permit à la rivière de se restaurer. Les bourbes et lies étant collectées, les rejets permanents des égouts sont seuls rejetés à la rivière, qui a une capacité d’autoépuration suffisante, pour que nous constations l’arrivée de vairons, loches et truites sauvages, 2 kilomètres en aval des rejets, même en période d’étiage.

Chaque année, lors des vendanges, quelques eaux de rinçage parviennent à la rivière, mais sans mortalité piscicole car les concentrations sont généralement suffisamment diluées à la période ou la rivière regagne en débit.

Un réseau d’assainissement est enfin construit en 2003, mais malheureusement inachevé, et surtout non raccordé au réseau de Beaune comme prévu.

Une cinquantaine de mètres séparent les deux canalisations. Motif invoqué : toujours le manque d’argent de la commune.

Cette année, après avoir vu la vie aquatique reprendre, et ayant l’espoir que cela s’améliore encore avec le raccordement des eaux usées de Pommard sur Beaune, nous étions confiants.

Mais après que la Communauté d’agglomération Beaune Côte et Sud ait reculé deux fois en un an l’échéance des travaux, à la fin décembre 2008 puis en septembre 2009 avant les vendanges, nous avons su il y a deux semaines environ que les travaux ne seront finalement terminés que le 20 octobre 2009.

Cette année ne s’annonçant pas comme les autres, les vendanges ont été avancées.

De plus la rivière ayant son niveau le plus bas depuis début septembre, au lieu d’août habituellement, ces deux particularités vont faire très mauvais ménage.

Les pluies ne sont pas tombées depuis, et le dimanche 6 septembre le brunissement de l’eau que nous voyons régulièrement chaque année, mais beaucoup moins dilué cette fois-ci, s’intensifie de jour en jour, jusqu’au matin du dimanche 13 septembre, où toutes les truites sauvages sont mortes asphyxiées. Les vairons quant à eux sautent de l’eau pour essayer de s’oxygéner et les chevaines happent l’air en surface.

Lundi 14 septembre, après sept ans où la nature a fait son travail, nous constatons amèrement l’immense gâchis à près d’un mois du raccordement de l’assainisement de Pommard sur Beaune.

Les décisions ont traîné pendant des années, puis les travaux repoussés jusqu’à la catastrophe prévisible : la mort lente en moins d’une semaine (certains chevaines ne sont pas encore morts), de milliers de poissons (truites, vairons, loches, goujons, chevaines).

Comment réagir face au côté très immoral de la chose ? La gendarmerie est venue constater les dégâts, nous allons déposer une plainte et aussi passer dans le journal local.

Nous voulons établir un plan de restauration de cet écosystème et ce sont les responsables de ce désastre qui devront payer, bien que la nature n’ait pas de prix.

Nous avons besoin de soutien pour aider l’écosystème à reprendre. »

Contact :

Emmanuel Rozier, Président de l’Association "La Société de Pêche du Sud-Beaunois", et amoureux de la nature.

courriel : rozier_emmanuel@msn.com

 

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Published by Jean Dossoy - dans Pollution des ressources
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